Guénange est une ville sortie de terre en quelques années. Entre 1954 et 1962, la sidérurgie lorraine y a fait bâtir une cité complète pour loger les ouvriers de la vallée, plusieurs milliers d'habitants installés d'un coup à côté d'un village qui en comptait quelques centaines. Ce calendrier est précieux pour nous : il date presque tout le bâti guénangeois à la décennie près, en plein usage de l'amiante.
Les immeubles de la Cité et les maisons en bande qui les accompagnent présentent une liste de matériaux très homogène. Dalles de sol vinyle-amiante dans les séjours et les circulations, colle noire bitumineuse en dessous, conduits de ventilation et de vide-ordures en amiante-ciment, joints de portes de chaufferie, plaques fibrociment sur les garages en batterie et les séchoirs collectifs.
Le Vieux Bourg et les abords de la Moselle gardent un bâti plus ancien, maisons lorraines et granges, où l'amiante apparaît surtout sur les annexes refaites après-guerre. Les opérations de rénovation urbaine menées sur la Cité depuis une vingtaine d'années nous amènent régulièrement à travailler en logement occupé, avec les précautions que cela impose.
Guénange est à sept kilomètres de notre atelier, soit dix minutes de route. C'est l'une des communes où nous intervenons le plus vite, parfois le jour même pour sécuriser une plaque cassée. Confinement et sas pour l'intérieur, échafaudage pour les toitures, plan de retrait dans tous les cas, et un dossier complet remis en fin de chantier.